Une nouvelle ère s’ouvre pour la lutte sénégalaise dans son ambition de s’exporter en Europe, précisément en France. En effet, hier, mercredi, à l’ambassade du Sénégal à Paris, s’est tenue la cérémonie de signature de la convention-cadre entre la fédération sénégalaise de lutte (FSL) et la fédération française de lutte et disciplines associées (FFLDA). Bira Sène et Lise Legrand, en présence de l’ambassadeur du Sénégal en France, Baye Moctar Diop, ont signé la convention qui traduit les ambitions des deux fédérations à travailler ensemble pour le développement de la lutte pour les quatre prochaines années.
Bira Sène est à Paris depuis lundi. Le président de la FSL a fait ce voyage en compagnie d’une forte délégation composée de Ndiambé Diop, directeur administratif, Étienne Ngom, vice-président chargé de la Lutte sans frappe, Modou Dièye, trésorier général adjoint, Moustapha Gueye, président de la Ligue régionale de Dakar, Ibrahima Faye dit Beuz, vice-président de la Ligue régionale de Dakar, Fallou Ndiaye, promoteur, Mamadou Dièye Sène, promoteur et Ass Cissé, manager. Le patron de la lutte sénégalaise est également parti avec Bécaye Mbaye, communicateur traditionnel, Fadam 2, chroniqueur et Lamine Seck, reporter de Lutte TV. Les raisons de ce déplacement ne sont autre que la signature de la convention-cadre entre Bira Sène, président de la FSL et Lise Legrand, présidente de la FFLDA. Un partenariat acté, hier, dans les locaux de l’ambassade du Sénégal à Paris. Une signature qui traduit la volonté commune des deux présidents à faire de la lutte un moyen d’échanges, de formation, de transmission et de développement.
Les objectifs de la convention
Elu président de la FSL au mois de décembre dernier, Bira Sène avait été porté à la tête de l’instance fédérale grâce à un programme bien étudié. Dans lequel programme figurait le chapitre de l’exportation et du développement de la lutte. C’est dans ce cadre que Bira Sène a tenu à signer cette convention avec la fédération française. Une convention qui met en place un cadre de coopération sportive, technique, institutionnelle et culturelle. Ainsi, les objectifs de cette convention tournent autour du « Développement et la pratique de la lutte, de favoriser les échanges entre les acteurs des deux pays, de renforcer les compétences des entraîneurs, arbitres et dirigeants, mais également d’accompagner la formation et l’émergence des jeunes talents », a souligné la FFLDA dans son site internet. L’équipe de Lise Legrand ajoute : « La coopération pourra prendre la forme de stages conjoints, camps d’entraînement, rencontres sportives, tournées, échanges de jeunes athlètes et participation à des compétitions internationales. ». La FFLDA précise également qu’un : « Programme annuel d’actions sera élaboré conjointement afin de donner une traduction concrète aux engagements pris par les deux fédérations. »
« Création d’une commission de lutte sénégalaise dans la FFLDA»
Au-delà de la formation, il est aussi question dans cette convention de valoriser la lutte sénégalaise en France. On nous parlait de la possibilité d’organiser des combats de lutte avec frappe sur le territoire français. Ce qui était impossible jusqu’ici à cause de la réglementation française. Sur ce point, Lise Legrand est claire : « L’un des axes particulièrement importants de cette convention concerne la valorisation et la structuration de la lutte sénégalaise sur le territoire français. Les deux parties conviennent ainsi de favoriser la création, au sein de la FFLDA, d’une Commission Nationale de lutte africaine et de lutte sénégalaise. Cette commission aura notamment vocation à promouvoir la lutte sénégalaise en France, à accompagner l’organisation de compétitions, de stages et de démonstrations, à contribuer à la formation des arbitres, entraîneurs et dirigeants et à favoriser les échanges entre clubs français et sénégalais », a précisé l’instance qui s’occupe de la lutte en France. Cette commission nationale de lutte africaine et sénégalaise : « Participera également à la valorisation du patrimoine culturel et sportif sénégalais et au développement de la pratique auprès des communautés sénégalaises présentes en France. La mise en place de cette commission devra s’inscrire dans le cadre des procédures statutaires et réglementaires de la FFLDA » précise-t-elle.
« L’installation des académies ou centres de développement »
Cette convention ne se limite pas seulement dans la pratique sportive, elle touche également l’arbitrage, la formation des cadres, les questions médicales. La FFLDA souligne également qu’une : « Attention particulière sera portée à la jeunesse, avec des actions de détection et de perfectionnement des talents, ainsi que la possibilité de développer des académies ou centres de développement ». Tout comme une attention particulière sera réservée à la : « Recherche et l’innovation qui constituent un axe majeur du partenariat. Les parties souhaitent notamment favoriser les échanges avec le monde universitaire et scientifique autour de la préparation physique, de la nutrition, de la prévention des blessures et de l’analyse de la performance ». Ainsi que : « La transformation numérique, de la gestion sportive, l’utilisation d’outils de suivi des athlètes et d’analyse vidéo ».
« L’intégrité, l’éthique et la protection des sportifs au cœur du partenariat »
Dans ce partenariat, les deux parties donnent également une importance capitale à une activité sportive saine dans sa globalité. « La FFLDA et la FSL réaffirment leur engagement en faveur d’un sport propre et de la lutte contre le dopage, conformément au Code mondial antidopage, mais aussi contre la corruption, les conflits d’intérêts, les discriminations, le harcèlement, le sexisme et toutes les formes de violences dans le sport », a précisé la convention qui prend aussi en charge la protection et la sécurité des athlètes. « La protection des mineurs, la sécurité des participants, la couverture médicale et assurantielle ainsi que la protection des données personnelles font également partie des engagements prévus », indique-t-on. Tout comme « La lutte féminine constitue par ailleurs un axe de développement identifié, avec l’ambition de favoriser sa massification, l’accès des femmes aux responsabilités et la promotion de rôles modèles ».
Une dimension francophone et internationale
Au-delà du Sénégal et de la France, cette convention s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération dans l’espace francophone. « Les deux fédérations pourront s’appuyer, pour les actions relevant de la coopération francophone, de la formation internationale ou du développement institutionnel, sur l’expertise et le réseau de l’Union des Fédérations Francophones de Lutte (UFFL). Cette démarche s’inscrit dans la continuité des actions déjà engagées dans l’espace francophone, notamment avec l’organisation de l’Académie Francophone de Lutte au Sénégal et la convention de coopération conclue entre la FFLDA et l’UFFL le 26 octobre 2025 », peut-on lire sur le site de la FFLDA.
« Un comité mixte de pilotage mis en jour »
Pour assurer le suivi de cette coopération, un comité de pilotage composé de membres issus des deux fédérations sera mis en place. « Afin d’assurer le suivi de cette coopération, un Comité Mixte de Pilotage, composé à parité de représentants des deux fédérations, sera chargé de suivre la mise en œuvre de la convention, d’évaluer les résultats et de préparer les programmes annuels. La convention est conclue pour une durée de quatre ans, correspondant à la temporalité d’une olympiade, avec la possibilité d’un renouvellement par accord écrit des deux parties. Au-delà de la signature institutionnelle, cette convention marque ainsi la volonté de construire une coopération concrète, durable et tournée vers l’avenir », a conclu la fédération française.

