Depuis, hier, mardi, le coach sportif, Danga Christian Lazare séjourne au Sénégal. Le Français d’origine centrafricaine a fait ce voyage pour diligenter un stage du 31 mars au 4 avril, à l’arène nationale, dans le but de renforcer les capacités des entraîneurs de la lutte. Hier, il a été accroché par RECORD et le coach revient sur le stage, mais aussi sur la lutte avec frappe sénégalaise. Un amateur de la lutte sénégalaise depuis la France, il souhaiterait voir cette discipline pratiquer partout en Afrique.
Après la présentation, pouvez-vous revenir sur les tenants et les aboutissants de cette formation ?
« Je m’appelle Danga Christian Lazare. Je représente, à cette formation, l’union des fédérations francophones de lutte dont je suis le directeur technique. Cette formation a été un projet qui a été mis en place par l’ancien président, Malick (Ngom). Je suis arrivé à Dakar, à 2h du matin et je n’ai même pas encore fait un jour au Sénégal. La formation démarre aujourd’hui 31 mars 2026 pour terminer le 4 avril. Au départ, il était prévu qu’il y aurait 40 participants. Je ne sais pas si tout le monde est là. Mais je vois beaucoup de monde. Je pense que les 40 sont présents. »
Pouvez-vous nous dire les objectifs visés à l’issue de cette formation ?
L’objectif de cette formation, c’est d’harmoniser l’enseignement de la lutte. Parce que quand on parle d’académie, on parle d’enseignement. Si les gens n’enseignent pas, ce sera difficile de faire rayonner la discipline. Souvent, nous les lutteurs, nous devenons entraîneuses, mais sans faire la formation. Et comme disait un de mes professeurs de psycho-pédiatre : « Celui qui ne fait pas de formation est comme un dresseur d’homme ». L’homme est complexe. Si tu ne sais pas comment il fonctionne, ce sera difficile de pouvoir l’entraîner. Et un entraîneur qui fait des formations est un entraîneur qui peut amener les athlètes à faire de hautes performances.
À part la compétition du drapeau de la CEDEAO et les jeux africains, il n’y a pas un tournoi africain qui réunit les lutteurs africains. Que pouvez-vous faire pour aider le continent à mettre en place une telle compétition ?
C’est un constat général. Ce problème se pose presque partout en Afrique. Comme vous l’avez dit, à part ces compétitions que vous venez de citer, il n’y a rien. Même les clubs ne s’entraînent pas alors qu’ailleurs, il y a un programme qui est établi du 1er janvier au 31 décembre. On connaît les dates des championnats, les périodes des tournois, tout est calé. Pour reproduire cela en Afrique, ce n’est pas à mon niveau, mais c’est avec la fédération internationale et la confédération de pouvoir mettre en place des processus de formation et créer des compétitions intermédiaires au niveau des zones. D’ailleurs, dans quelques semaines, il va avoir une compétition en Guinée-Bissau, il va avoir une autre compétition en Afrique centrale, au niveau du Congo. Ces genres de compétitions permettront aux athlètes d’être tout le temps en mouvement. Mais pour pouvoir participer à ces compétitions, il faut s’entraîner. Ceci est un critère de motivation pour que l’athlète puisse travailler. Si on ne s’entraîne pas, on ne peut pas gagner.
Depuis la France, est-ce que vous suivez la lutte traditionnelle avec frappe sénégalaise ?
Bien sûr. Je suis africain déjà, même si je suis venu en tant que Français. Je suis la lutte sénégalaise. Parce que la plupart des acteurs qui pratiquent ce sport sont mes amis. J’ai pratiqué, avec beaucoup d’entre eux, la lutte olympique. Je peux citer Matar Sène (Rock Mbalakh), Alioune Diouf (Père de Yehvann Diouf, le gardien de l’équipe nationale du Sénégal) et beaucoup d’autres. Je suis de près la lutte traditionnelle avec frappe sénégalaise. Chez moi, à la maison, il y a une chaîne qui diffuse cela. Je la regarde à chaque fois.
Comment trouvez-vous cette lutte avec frappe ?
Sans vous le cacher ! C’est un message que je fais passer. La lutte sénégalaise fait partie de nos cultures. C’est un peu dommage que ça ne soit pas exporté dans toute l’Afrique. À l’heure actuelle, la lutte sénégalaise devrait être pratiquée dans toute l’Afrique.
Il y a un combat royal qui va se dérouler le 5 avril… ?
Oui, je suis au courant. Ce combat en question sera retransmis en direct sur Canal+. Diffuser le combat, c’est une chose, puisque les gens vont voir. Mais est-ce que cela pourra inciter les gens à pratiquer la lutte sénégalaise ? Mon vœu, moi, c’est de voir, lors d’une telle compétition, la participation de lutteurs qui viennent de partout en Afrique.
Mais il y aura quatre nationalités notamment deux Nigériens, un Gambien et une Ivoirienne, lors de cet événement… ?
Je sais déjà. C’est un bon départ. Avant, il n’y en avait pas du tout. Maintenant, il y en aura quatre. J’espère que la prochaine fois, on aura dix ou plus.
Source : RECORD

