Après Ndiaga Star, la rubrique portrait des 5 nominés des Lutte TV Awards, reçoit dans son deuxième numéro Modou Anta, reporter et chroniqueur au niveau de Gaston Productions TV. Abreuvé par les écrits coraniques dès son jeune enfance, Assane Gueye de son vrai nom, est très tôt devenu responsable suite au décès de son papa. Ses études coraniques terminées, il regagne Dakar dans l’ambition de gagner sa vie pour assurer les dépenses familiales. De Lambaye Baol où il est né, en passant par Lambaye Saloum, où il a appris le coran jusqu’à son arrivée dans la capitale, Modou Anta retrace son parcours loin d’être facile. Le chroniqueur exprime son optimisme pour remporter le trophée du meilleur chroniqueur de la saison lors de la soirée des Lutte TV Awards prévus le 19 septembre prochain à l’hôtel Noom.

Aujourd’hui, il fait partie des reporters et/ou chroniqueurs les plus suivis sur les réseaux sociaux. Très pertinent dans ses analyses, et grand connaisseur, Modou Anta s’est imposé dans un milieu difficile à se démarquer. De son vrai nom Assane Gueye, un nom que la majeure partie des acteurs de la lutte vont découvrir grâce à cette intervention médiatique. Âgé de 33 ans, marié et père récemment d’un joli bébé, Modou Anta a vu le jour dans le village de Lambaye Baol, situé dans le département de Bambey, région de Diourbel. Par la suite, il a été envoyé à l’école coranique de Serigne Alioune Diouf Lambaye, située à Lambaye Saloum, dans la région de Fatick. Entre les mains de son marabout, il finit par mémoriser le coran avant de rentrer chez lui à Lambaye Baol, début de sa vie d’adulte.

Décès de son père, Modou Anta hérite de la responsabilité parentale

Après son retour à la maison et le décès de son père, Modou Anta constate que sa mère n’a plus un homme sur qui compter pour assurer la dépense quotidienne. Ainsi, le jeune garçon prend la ferme décision de rejoindre Dakar dans l’objectif de trouver un travail pour aider sa mère. Arrivé dans la capitale, en 2008, il se concentre sur le métier de tailleur. En même temps, sa passion pour la lutte le suit toujours. Une passion qui s’est toujours développée chez le jeune garçon depuis Lambaye Saloum. En effet, depuis le Daara, Modou Anta commençait à lutter avec ses camarades de Daara. La nuit, après les études, les « talibés » (apprenants) formaient un cercle pour des mbappat. Modou Anta ne ratait presque jamais ces rendez-vous en tant que lutteur. Les rares fois qu’il ne luttait pas, il était chargé de reporter les combats. Il enregistrait son reportage dans une cassette pour permettre à tout le monde de revivre l’événement le lendemain.

« Pourquoi, j’ai arrêté la lutte »

La lutte dans le sang, Modou Anta a livré quelques combats en mbappat mais très tôt, il a compris que cette voie n’était pas la sienne parce que sa mère n’était pas d’accord. « Je ne pouvais plus continuer la lutte parce que ma mère n’était pas d’accord. Pour elle, c’était inadmissible avec les études coraniques que j’ai faites de me mettre torse nu au su et au vu de tout le monde. Elle n’acceptait même pas que je porte un sous-vêtement parce qu’elle ne voulait pas que certaines parties de mon corps soient visibles. Elle disait également que mes promotionnaires au Daara sont devenus des imams, enseignants, marabouts, ainsi je ne devais pas devenir lutteur pour exposer mon corps. Ainsi, j’ai compris qu’elle ne voulait pas me voir dans ce milieu. C’est pourquoi, j’ai arrêté la lutte », raconte-t-il. Son rêve de devenir lutteur brisé, mais le nom emprunté lui colle la peau. De son vrai Assane Gueye, le jeune lutteur a choisi un nom d’athlète et il a opté pour le nom de Modou Anta. Comme pour rendre un hommage à son idole, Modou Anta de Thiès. Et ce nom lui colle la peau jusqu’à présent. Plus dans les mbappat, Modou Anta continue quand même de suivre la lutte. Le stadium Iba Mar Diop était son point de rendez-vous tous les week-ends. « Au départ, j’achetais un billet pour assister aux combats à partir des tribunes. Mais au fil du temps, avec la cherté des billets qui ne cessaient de monter, j’étais obligé de m’approcher des organisateurs du CNG, les côtoyer pour pouvoir entrer gratuitement. Les week-ends, je venais au stade Iba Mar Diop vers 10h-11h pour aider les organisateurs à mettre le sable dans l’enceinte, je les aidais également à installer les chaises. A l’heure des arrivées des lutteurs, je restais devant la porte pour annoncer le lutteur qui venait de franchir la porte. Je donnais son écurie, je rappelais sa carrière, son dernier adversaire, le verdict de ce combat, le tout enregistré dans mon téléphone à l’endroit des gens qui me suivaient à l’époque. C’est d’ailleurs, à cette époque que j’ai connu Cissé (sécurité de la fédération) et beaucoup de membres de la FSL », se rappelle Modou Anta. 

« L’absence de Lamblogue sur la liste m’a gêné, si je pouvais lui céder ma place, je le ferai. »

Personnage polémique, Modou Anta est souvent trempé dans des histoires, surtout lorsque la structure Gaston Productions est attaquée. Il répond automatiquement, car, pour lui, Gaston Productions est son lieu de travail qu’il compte défendre à tout prix. « Les gens me traitent d’homme belliqueux, ce que je ne suis pas en réalité. La vérité est que je ne me laisse pas faire, surtout quand j’ai le sentiment d’être offensé. Je ne manque de respect à personne, mais je n’accepte pas non plus que l’on me manque de respect. Maintenant, j’ai tourné cette page. Je ne suis plus dans la confrontation. Je n’ai de problème avec personne, pas dans l’arène, ni chez moi. Je peux regarder tout le monde dans les yeux sans jamais éprouver de honte », a clarifié Modou Anta. Le reporter de Gaston Productions arrive au sujet des Lutte TV Awards. Nommé parmi les 5 meilleurs de la saison avec Abo Fiw, Fadam 2, Assane Cissé et Ndiaga Star, Modou Anta regrette l’absence de son acolyte, Lamblogue sur cette liste des 5 nominés. Lamblogue faisait partie des 10 nominés mais après les votes du premier tour, il a été écarté. Ce que regrette Modou Anta. « Vraiment, je n’étais pas surpris de voir mon nom parmi les 5 nominés. Ma surprise était, plutôt, de ne pas voir le nom de Lamblogue. Cela m’a gêné. Et si je pouvais lui céder ma place, je n’hésiterais pas à le faire. Concernant le vainqueur de ce trophée, je ne doute pas que ce sera moi. En tout cas, si les choses se passent normalement, je serai le vainqueur », estime-t-il avec conviction.

« Si je quitte Gaston Productions, ce sera pour fonder ma propre boîte »

Après ses prestations gratuites dans les groupes WhatsApp en tant que reporter, Modou Anta a été sollicité par Arène Bi TV pour assurer les reportages lors des combats de lutte. Il démarre son expérience professionnelle avec cette chaîne YouTube. Après quelque temps, il quitte Arène Bi TV pour rejoindre Sen Lamb TV. Il finira par partir en direction de Gaston Productions, où il travaille depuis quelques années maintenant. Une arrivée démarchée par le défunt promoteur Gaston Mbengue. D’où cette loyauté sans fin envers cette boîte. D’ailleurs, Modou Anta ne se voit pas quitter Gaston Productions pour rejoindre une autre structure. S’il quitte, un jour Gaston Productions, ce sera pour fonder sa propre boîte. « Pour le moment, je ne m’imagine pas quitter Gaston Productions. Mais, pour le respect que j’ai envers père Gaston Mbengue, si je quitte Gaston Productions, ce sera pour créer ma propre boîte et non pour rejoindre un autre groupe », a souligné Modou Anta.

« J’ai vu des lutteurs devenus aveugles à cause de la lutte »

Le natif de Lambaye Baol a aussi évoqué ses regrets dans l’arène. Il se désole d’avoir des lutteurs devenus aveugles après avoir reçu un coup lors de leur combat. « Je n’ai pas de regret dans mon parcours personnel dans l’arène, car je peux tout supporter. Quand les choses ne se limitent qu’à ma personne, il n’y a pas de souci, je peux gérer, mais quand elles touchent aux autres, je suis touché. La preuve, j’ai mal quand je vois des lutteurs blessés dans l’arène et qu’ils ne bénéficient d’aucun soutien. Je ne vais pas citer de nom. Mais je connais deux lutteurs devenus aveugles après avoir reçu des coups lors de leurs combats. Ils ont perdu la vue, ils ont été abandonnés par leur assureur. Pourtant, ils avaient une assurance lors de ces combats. Les deux ont pris des coups qui ont pété leurs yeux. Je connais les lutteurs à l’origine de ces blessures. Je ne vais pas les citer pour ne pas leur faire porter ce poids dans leur tête. C’est juste pour dire qu’il y a beaucoup de risques dans l’arène », regrette le défenseur de Gaston Productions. Modou Anta a aussi exprimé sa satisfaction dans l’arène et ça concerne la VAR. « La VAR est ma plus grande satisfaction dans l’arène. Mais elle nécessite une amélioration. On devrait installer un écran géant dans la cabine de la VAR, mais également mettre 5 caméras qui entourent l’enceinte pour permettre d’avoir tous les angles. La VAR doit aussi être présente dans les grands combats comme lors des petits combats. Puisque tous les combats se valent, les lutteurs achètent la même licence », a terminé Modou Anta.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *