C’est une circulaire qui risque de faire grand bruit dans le milieu de la lutte sénégalaise. Alors qu’Ibrahima Faye dit Beuz, prépare la troisième édition du Festival international de lutte au Canada prévue au mois de juin prochain, la Fédération sénégalaise de lutte (FSL) est montée au créneau pour rappeler à l’ordre les organisateurs d’événements de lutte à l’étranger. À travers cette sortie, Bira Sène et son équipe exigent le respect strict des règlements, sous peine de lourdes sanctions.
La FSL semble clairement viser Ibrahima Faye. Ce lundi, Bira Sène a signé une circulaire « relative à l’encadrement et à la régularisation de l’exploitation internationale de la lutte sénégalaise ». Dans cette note, l’instance fédérale déplore la multiplication de combats et manifestations organisés à l’étranger sans son autorisation préalable. « La FSL a constaté une multiplication d’activités, compétitions, événements et manifestations utilisant l’image, l’appellation, les codes et les références de la lutte sénégalaise à l’étranger sans autorisation préalable de la Fédération sénégalaise de lutte », souligne la circulaire.
Selon la fédération, cette situation est d’autant plus préoccupante que les organisateurs concernés « ne disposent ni de licence, ni d’agrément officiel, ni de mandat fédéral, et ne versent aucun droit d’exploitation », alors même qu’ils tirent des profits commerciaux de l’image et de la renommée de la lutte sénégalaise.
Pire encore, dénonce la FSL, certaines de ces activités impliquent « des personnes non licenciées, non initiées aux règles et valeurs de la discipline, sans encadrement technique ou médical reconnu ». Une situation qui porterait atteinte « à l’intégrité de la discipline, à la sécurité des participants, à l’image et à la crédibilité de la lutte sénégalaise, ainsi qu’au travail de structuration et de rayonnement mené par la Fédération au niveau national et international ».
Une autorisation désormais exigée
Se considérant comme « la seule autorité habilitée à représenter, réglementer et promouvoir officiellement la lutte sénégalaise », la FSL rappelle qu’elle demeure la garante de l’identité culturelle, sportive et patrimoniale de cette discipline. À ce titre, elle invite les organisateurs de manifestations à l’étranger « à se rapprocher préalablement de la Fédération afin d’obtenir les autorisations requises, les validations techniques ainsi que les accords relatifs aux droits d’exploitation et de représentation ».
Des sanctions annoncées contre les lutteurs
Le rappel à l’ordre ne vise pas uniquement les organisateurs. Les lutteurs affiliés à la FSL qui prendraient part à des événements non autorisés s’exposent également à des sanctions disciplinaires. « La Fédération informe également que tout licencié affilié à la Fédération sénégalaise de lutte qui participerait directement ou indirectement à des manifestations, compétitions ou activités non autorisées s’expose à des sanctions conformément aux règlements en vigueur », précise la note. Parmi les sanctions évoquées figurent notamment des avertissements, des suspensions, le retrait temporaire ou définitif de la licence fédérale, ainsi que toute autre mesure jugée nécessaire pour préserver l’image et les intérêts de la lutte sénégalaise.
La FSL prête à aller jusqu’au bout
La mise en garde est désormais claire. La FSL affirme être prête à prendre toutes les dispositions nécessaires pour protéger l’image de la lutte sénégalaise. « La FSL se réserve par ailleurs le droit d’engager toute procédure administrative, sportive ou judiciaire appropriée, de dénoncer auprès des autorités compétentes toute exploitation abusive ou illégale et de prendre toute disposition nécessaire contre toute personne physique ou morale portant atteinte à l’image et aux intérêts de la lutte sénégalaise », poursuit la circulaire.
Toutefois, la fédération tient à préciser que cette démarche ne vise pas à freiner l’expansion internationale de la discipline. « La présente circulaire vise non pas à freiner le développement international de la discipline, mais au contraire à garantir son organisation harmonieuse, préserver son authenticité, protéger ses acteurs et assurer que son expansion bénéficie équitablement au développement institutionnel et sportif de la lutte sénégalaise », conclut la FSL.

