On sait qui est derrière le projet XXL qui réunissait des dizaines de lutteurs dans un championnat de lutte avec frappe (CLAF). Il s’agit de Hugues Boissy qui a brisé le silence pour apporter des clarifications sur son projet, son ambition dans l’arène, mais également les chèques transmis aux lutteurs concernés.
L’arène est en train de vibrer. Depuis, vendredi, Hugues Boissy occupe les plateaux. Lors de notre numéro du samedi passé, nous vous informions d’un promoteur inconnu qui était sur le point de mettre en place un tournoi XXL dans l’arène et qu’une réunion nocturne a été organisée à Mbour, le jeudi dernier. On en sait encore plus sur ce projet. Le porteur a révélé son identité. Et il s’agit de Hugues Boissy. Spécialiste des ressources humaines, leadership et la prise de parole en public, l’homme veut investir dans l’arène. Ainsi, il ambitionne de mettre en place une Ligue qui va réunir 60 lutteurs dont 20 qui devraient démarrer le projet la saison prochaine. Ces 20 lutteurs devront être séparés dans quatre poules tirées jeudi dernier à Mbour. Lors de cette réunion à Mbour, des chèques ont été remis aux lutteurs en guise d’avance. Mais le lendemain, vendredi matin, les lutteurs sont partis à la banque, mais n’ont pas trouvé de l’argent sur le compte en question. Ainsi, Gora Sock a fait une sortie pour dénoncer l’attitude du promoteur. Ce qui a ouvert les critiques contre Hugues Boissy. Dans un Live, Boissy avec ses chèques impayés, devient le sujet principal. Au point de pousser l’intéressé à prendre la parole. C’est ainsi que Hugues Boissy a été accueilli dans la plateforme avec d’importantes clarifications.
« Mon ambition est d’organiser deux grands tournois… »
« Je m’appelle Hugues Boissy, un Sénégalais originaire de Ziguinchor. Je suis né à Colobane, au Caserne Samba Diery Diallo, mais j’ai grandi à Grand Yoff. J’ai décidé d’investir dans l’arène parce que j’ai l’amour de cette discipline. Je suis la lutte depuis longtemps. Je veux organiser deux grands tournois de lutte, toutes les saisons. C’est cela mon ambition. J’ai discuté avec les autorités. Je suis parti voir le président de la fédération de lutte, Bira Sène. Nous avons discuté du projet. Ils nous ont renvoyé au respect de leur règlement avant d’orienter vers les lutteurs. »
« Pourquoi la réunion s’est tenue à Mbour… »
« Il y a au moins 3.000 licences, ce qui veut dire que je ne peux pas coopter tous les lutteurs. Pour clarifier, ni mes collaborateurs encore moins moi, n’habitons à Mbour, mais nous y avons tenu la réunion parce que nous avions un séminaire sur place pour valider certains points du projet. Nous y avons passé trois jours : mardi, mercredi et jeudi. À la fin, mon intermédiaire avec les lutteurs (Mbaye Diop, président de l’écurie Fass Benno, ndlr) m’a signifié qu’il avait déjà entendu avec certains lutteurs et qu’il pouvait les appeler pour que nous passions aux signatures de contrats. On était dans les environs de 18h, 19h. Je lui ai répondu qu’il pouvait les appeler. C’est ainsi que la réunion a été faite à Mbour jusqu’au coup de 2h du matin. »
« L’argent devrait être disponible dans le compte après le Magal »
« Pour les chèques, je trouve qu’il y a une incompréhension. Je précise qu’il n’y a pas un politicien derrière moi, ni quiconque d’autre. Je suis, plutôt, parti à la banque, lui présentant un projet ainsi, elle a accepté de me prêter de l’argent qui devait être disponible sur le compte. Le matin (vendredi), les lutteurs sont partis en masse à la banque avec leurs chèques. Mais finalement, les retraits n’ont pas pu avoir lieu. Et c’est normal que les lutteurs se posent des questions. Mais il n’a jamais été question de chèques impayés. Je ne force personne dans cette collaboration. Même si les chèques sont disponibles et qu’un lutteur ne souhaite plus continuer la collaboration qu’il m’amène mon argent, je lui rendrai son contrat. Maintenant, l’argent devrait être disponible dans le compte après le Magal. »
« Les lutteurs peuvent porter plainte contre moi si… »
« Je n’ai pas mis mon propre argent à la banque, c’est plutôt la banque qui m’a prêté de l’argent sous des conditions. Avant que l’on ne me fusille, je demande aux lutteurs de patienter jusqu’après le Magal pour aller retirer leur chèque. S’ils y vont prochainement sans pouvoir retirer leur argent, ils seront libres de porter plainte contre moi. Je continue de signer avec d’autres lutteurs puisque l’objectif n’a pas encore été atteint. Le temps venu, nous révélerons les détails du projet à titre d’information pour l’opinion. C’est normal que les gens se questionnent s’ils entendent une personne venue de nulle part vouloir réunir 64 lutteurs autour d’un projet de lutte. Attendez d’avoir tous les éléments avant de passer aux critiques, c’est tout ce que je demande. »
« Les sommes payées aux lutteurs ne sont pas exorbitantes »
« Je le répète, il n’y a personne derrière moi. Ce qu’il en est, c’est que j’évolue dans le milieu de l’événementiel. Comme tout le monde le sait, on fait un montage financier pour organiser un événement. L’autre chose, c’est que je n’ai pas payé un cachet que les lutteurs n’ont jamais perçu pour dire que les sommes ne sont pas exorbitantes. Ce qui est nouveau, peut-être, c’est le nombre de lutteurs qui composent le projet. Tous ces lutteurs parce que j’ai fait un business modèle, des calculs qui montrent que le plan peut marcher. Maintenant, ça reste un plan, il peut marcher comme il peut ne pas marcher. Si ça marche, nous allons poursuivre le projet, sinon, je me retire dès l’année suivante. »
« Il fallait les contrats des lutteurs pour que le compte soit alimenté »
« En ce qui concerne la banque, je ne peux pas en dire plus pour ne pas faire bouger notre campagne. Mais sachez que j’ai proposé un produit à la banque qui a accepté de m’accompagner. Vous dites (Fadam 2 qui a donné l’information) que je suis le frère de Yankhoba Diémé (ministre des Forces armées), ce qui est totalement faux. Je ne le connais même pas. Nous ne sommes même pas de la même ethnie. Je le rappelle, l’argent est disponible. Mais il fallait des préalables pour que les chèques puissent être retirés. Parmi ces préalables, la présence des contrats des lutteurs d’abord. »

