Les témoignages continuent de tomber après le décès de l’ancien DTN, Abdou Badji. Décès survenu ce lundi à Thionk-Essyl, dans son village natal. À la suite de Lansana Coly, ancien coach de l’équipe nationale olympique, qui nous a raconté les derniers jours du défunt, c’est au tour de Khalifa Sow, son successeur à la tête de la Direction technique nationale, de regretter la perte d’un mentor qu’il a côtoyé pendant deux décennies.
« La lutte a perdu une icône »
« D’abord, je prie pour le repos de l’âme du défunt. Que Dieu l’accueille dans son paradis. Abdou Badji était un grand homme, une icône de la lutte. C’est vrai, j’avais opté pour les sports de combat, mais c’est lui qui m’a fait venir à la lutte. Dès l’instant qu’il a été nommé directeur technique national, il m’a demandé de venir pour être son adjoint. Je ne regrette pas d’avoir accepté sa proposition. J’ai passé plus d’une vingtaine d’années auprès de lui en tant qu’adjoint. Et j’ai beaucoup appris sur l’homme, j’ai aussi beaucoup appris dans le cadre du travail. »
« J’étais tellement abattu… »
« À son départ, je lui ai succédé au poste de DTN. Mais j’ai continué à lui demander des conseils. Il était un homme entier, un homme véridique. Quelqu’un qui ne badine pas avec le travail. Il était un homme sincère en amitié. Ce matin (avant-hier), quand j’ai appris la nouvelle, j’étais à la fédération pour un travail, mais je ne pouvais pas continuer. J’étais tellement abattu, j’ai senti un vide en moi pendant toute la journée. J’ai senti la perte de quelqu’un avec qui j’ai travaillé pendant 20 ans. »
« Abdou Badji a dirigé la direction technique pendant une vingtaine d’années »
« J’ai commencé à travailler avec lui en 1995. Le CNG a été créé en 1994 avec l’arrivée d’Alioune Sarr. À l’époque, Cheikh Tidiane Ndour était le directeur technique et il avait obtenu une bourse pour le Canada. C’est après le départ de Cheikh Ndour qu’Abdou Badji a pris les rênes de la direction technique. Abdou a passé une vingtaine d’années en tant que DTN, c’est-à-dire entre 1995 et 2018. C’est après sa démission que j’ai été nommé DTN. »
« Il m’obligeait à travailler à la perfection »
« Par moments, j’étais avec lui lors des campagnes de l’équipe nationale, mais j’avais remarqué qu’il n’aimait pas perdre. Lors d’un tournoi de la CEDEAO, le Sénégal a été mené 2-0 par le Nigeria. On était sur la table technique, mais on était crispé. Par la suite, le Sénégal a renversé la situation et finit par remporter la finale 3-2. Lors de l’égalisation, nous ne pouvions pas extérioriser notre joie, mais la libération se lisait sur nos visages. À la fin de la compétition, nous avons vraiment fêté la victoire. C’est une personne sans façon. Il m’obligeait à travailler à la perfection. »

