Mamadou Diop, avec ce nom risque de passer inaperçu dans l’arène. Mais quand vous dites Beau Gars, tout le monde sait de qui il s’agit. Ancien collaborateur de Gaston Mbengue, président de l’école de lutte Mbita Ndiaye, Mamadou est accueilli sur ce numéro de Ramadan des arènes.

Mamadou Diop profite de l’occasion offerte par RECORD pour évoquer l’élection de Tapha Gueye à la tête de la Ligue régionale de lutte de Dakar. Il exprime ses attentes envers la nouvelle équipe dirigeante, mais il appelle, aussi, à l’unification des acteurs de la lutte, surtout Bira Sène, président de la FSL et Tapha Gueye, président de la Ligue de Dakar, qui selon lui, ne peuvent rien faire de grand dans la division.

Comment passez-vous votre journée durant le ramadan ?

Je passe presque toute la journée à la boulangerie. J’assure la gestion d’une boulangerie dans mon quartier, à Yarakh. Et c’est là-bas que je passe toute la journée. Mais à 19h, je quitte la boulangerie pour rentrer à la maison pour préparer la rupture. Après la prière et tout, je pars m’entraîner. C’est cela mon programme durant la journée du ramadan.

Est-il difficile d’allier le travail et le jeûne ?

Oui, c’est difficile à mon niveau. Car nous préparons le pain la nuit pour l’aube (kheud) et le matin, je supervise le travail du jour. Alterner cela n’est pas du tout facile. Malgré tout, on arrive à gérer. C’est une occasion aussi de tuer le temps.

Quel est le moment le plus difficile de la journée pour vous ?

Le moment le plus difficile de la journée, c’est à partir de 14h. Dès qu’il fait 14h, je commence à sentir la difficulté.

Pouvez-vous nous citer quelques bienfaits du ramadan ?

Un des bienfaits, c’est que l’on recouvre la santé. Le corps devient léger ce qui est une manifestation de l’évacuation des impuretés dans l’organisme. Le ramadan est aussi une occasion pour un retour vers dieu. C’est une période propice à la dévotion. C’est une occasion pour les musulmans de décupler leurs actes de bienfaisance. C’est un mois de promotion. 

Depuis quel moment avez-vous commencé à jeûner ?

J’ai commencé à jeûner lorsque j’étais petit. Mais à cette période, je ne jeûnais pas tout le mois. Mais j’alternais les jours. C’est à partir de 2002, lorsque je suis devenu plus conscient que j’ai commencé à jeûner entièrement le mois.

Avez-vous vécu le woru gaalé ?

Je l’ai vécu à plusieurs reprises. Dans mon quartier, on m’appelait Beau Gars. Ce qui fait que j’étais le chouchou des jeunes filles. À l’heure du repas, je partais chez elles pour manger à l’insu des membres de ma famille. Une fois à la maison, je disais que j’avais jeûné.

Durant le ramadan, dans les rues, les gens offrent des mets, cafés, pains aux passants à l’heure de la coupure. Comment appréciez-vous ce geste ?

C’est un geste noble que je salue vivement. Cela montre que les Sénégalais sont solidaires. Cela renseigne aussi l’humanisme de la population sénégalaise. C’est un geste, aussi, à ne pas négliger. Parce qu’il a une importance capitale. Beaucoup de gens restent coincés dans les embouteillages à l’heure de la rupture et ceux-là ont besoin de quoi couper leur jeûne.

Toujours durant le ramadan, les mosquées sont envahies durant les premiers jours, les filles changent d’accoutrement. Quel regard portez-vous sur ces phénomènes ?

C’est quelque chose que je fustige. Ce n’est pas que durant le ramadan qu’il est bon de prier. La prière doit se faire tous les jours, durant toute l’année. Pour les filles, je pense qu’elles doivent garder la même façon de s’habiller même après le ramadan.

Vous êtes le président de l’écurie Mbita Ndiaye de Yarakh et Tapha Gueye a été élu président de la Ligue de Dakar. Comment avez-vous accueilli cette élection ?

D’abord, je félicite Tapha Gueye. C’est une élection méritée. Il a beaucoup fait pour la lutte. Et les acteurs de la lutte avaient le devoir de lui rendre la monnaie. Tapha Gueye a été lutteur, il a représenté le Sénégal partout. Après sa carrière, il a continué de soutenir la lutte. Ce qui montre toute sa passion pour ce sport.

Qu’est-ce que vous attendez de lui ?

Ce que j’attends de lui, c’est qu’il applique son programme. S’il le fait, la lutte pour la région de Dakar connaîtra le développement. Mais j’appelle aussi à la réunification du monde de la lutte. Je veux que Bira Sène et Tapha Gueye travaillent ensemble. Parce que c’est cela l’intérêt de la lutte. Je n’aime pas le clanisme dans la lutte. Il faut tout faire pour que Bira et Tapha puissent travailler main dans la main. Dans la division, ils ne feront pas grand-chose. Ils ne feront rien de probant. »

Source: RECORD

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