Ça sent le clash entre la Ligue de Dakar et la fédération. Moustapha Gueye, président de la Ligue, exige le respect de ses droits et n’écarte pas d’aller en confrontation si nécessaire. Pour lui, Bira Sène veut garder tous les pouvoirs pour son compte tout en écartant la Ligue. Alors que c’est celle-ci qui détient les pouvoirs dans la capitale. Dans un entretien avec Dsports, l’ancien Tigre de Fass est revenu sur le drapeau du chef de l’Etat, la réunion du comité directeur qui s’est tenu jeudi dernier, mais il a aussi annoncé une lettre d’arbitrage adressée au ministère des Sports.
« C’est la Ligue de Dakar qui va organiser le drapeau du chef de l’État »
« Le drapeau du chef de l’Etat est un drapeau national dirigé par la fédération. Mais c’est la région de Dakar qui organise. C’est nous qui accueillons les Ligues, nous allons trouver des locaux aux différentes délégations, le temps de la compétition. La région de Dakar est prête à mettre tout le monde au même pied. Ce sera la fête de la lutte, c’est pourquoi nous appelons au fair-play. C’est Dakar qui va organiser, mais c’est la fédération qui prend en charge les titres de transports, la restauration, elle assure aussi le logement de toutes les délégations. Tout ne sera pas parfait, mais il reviendra aux présidents de Ligue de compléter le reste pour mettre leur équipe dans de très bonnes conditions. »
« Le budget du drapeau du chef de l’Etat arrêté autour de 99 millions »
« Nous avons tenu, ce jeudi, avec la fédération, une réunion du comité directeur axé essentiellement sur l’organisation du drapeau du chef de l’Etat qui va se tenir du mercredi 23 au samedi 25 juillet prochain. Le budget de l’événement tourne autour de 99 millions et la fédération n’a pas les moyens pour assurer toutes les dépenses. Donc, nous avons besoin du soutien de l’Etat, le ministère des Sports, les directions et de toutes les bonnes volontés. Toutes les sociétés nationales ainsi que les ministères doivent nous appuyer pour la réussite de cette belle fête de la jeunesse. »
« L’équipe de Dakar en regroupement interne »
« La sélection de Dakar est presque faite. Nous sommes actuellement en regroupement externe. Le regroupement interne va démarrer dans deux jours. J’ai recruté des lutteurs qui ne sont pas de Dakar parce que je n’avais pas le choix. Mais j’aurais aimé que les lutteurs défendent les couleurs de leur région respective. Le drapeau du chef de l’Etat est une compétition régionale. Donc, les régions ne devaient recruter que parmi les lutteurs natifs de leur terroir. C’est une question sur laquelle nous devons nous pencher lors des prochaines éditions. »
« La réunion a été perturbée par des échauffourées »
« Durant la réunion tenue ce jeudi, il y a eu des échauffourées qui pouvaient aboutir à une catastrophe. J’étais seul contre tous. Parmi les 14 régions, seule Dakar a un président qui ne figure pas dans le camp de Bira Sène. C’est pourquoi on m’a interdit d’organiser des combats, de confectionner des licences. Le plus grave, c’est lorsque le président se permet de convoquer ceux qu’il veut à une assemblée générale pour mettre dans les textes les règles qu’ils veulent. Bira Sène est en train de faire des choses inélégantes et incorrectes. Il s’est permis de mettre dans le règlement une disposition inacceptable. Ils disent que la Ligue n’a le droit d’organiser que lorsque le gala ne dépasse pas deux millions. Il doit comprendre qu’il est le président de la fédération de la même manière que je suis le président de la Ligue de Dakar. J’ai été élu par les Dakarois et nous ne voulons pas de problème.»
« Bira Sène doit cesser les suspensions et sanctions financières contre les lutteurs »
« Si le président se comporte de la sorte, comment les autres devront se comporter ? Comment les lutteurs qu’ils sanctionnent à tout-va vont se comporter ? Chaque semaine Bira Sène publie une circulaire qui n’a aucun fondement. Les sanctions de six mois, un an contre les lutteurs foisonnent comme pas possible, les sanctions financières n’en parlons pas. Je refuse que Bira Sène mette tout cela sur les dos des lutteurs dans la région que je commande. C’est notre président, mais il doit remettre les choses dans les règles de l’art. Il doit cesser les suspensions et sanctions financières. »
« Cette fédération de lutte va nous mener à la perte »
« Nous allons vers les Jeux olympiques de la jeunesse et nous avons des athlètes qui peuvent nous valoir beaucoup de satisfactions en beach wrestling. Mais malheureusement, cette équipe de la fédération va nous mener à la perte. J’ai suivi les Egyptiens, les Marocains et je sais que nous avons le potentiel pour réaliser quelque chose. Malheureusement, nos dirigeants sont plus préoccupés par leur intérêt personnel plutôt que par le développement de la lutte. C’est malheureux de voir chaque président qui arrive, essaie de défendre ses intérêts personnels plutôt que de développer la lutte. Ils choisissent les promoteurs avec qui ils collaborent et ceux qu’ils écartent, même la manière dont ils attribuent les dates est incorrecte. En ce qui me concerne, ce qui m’appartient à Dakar, je vais le prendre de gré ou de force. »
« Qu’il pleut ou qu’il neige, je vais reprendre mes droits »
« Qu’il pleut ou qu’il neige, je vais reprendre mes droits. C’est la loi qui me confère ces droits. Des textes l’ont régi, des textes venant du ministère des sports. Je lance un message très fort. Un message venant d’un patriote. J’ai défendu les couleurs du Sénégal en Afrique et un peu partout dans le monde. J’ai participé aux championnats du monde de lutte et aux Jeux olympiques. Aujourd’hui, dieu a fait que je suis élu président de la Ligue de Dakar avec l’ambition de développer la discipline. Je veux former les lutteurs. Ils n’ont pas de formations et la Ligue de Dakar est prête à les former. »
« J’ai adressé au ministre une lettre d’arbitrage »
« J’ai demandé à l’Etat du Sénégal un arbitrage entre la Ligue de Dakar et la fédération de lutte. J’ai écrit cette lettre d’arbitrage adressée au ministre de la jeunesse et des Sports. La fédération veut noyer la Ligue de Dakar, elle veut la piétiner, ce qui est inadmissible. Je demande à ce que la Ligue puisse organiser ses journées, confectionner ses licences entre autres. Je demande cet arbitrage avant que cela ne soit trop tard. En tout cas, les lutteurs, managers et promoteurs de Dakar sont prêts à faire face au président de la fédération. »
Source : RECORD

