En difficulté dans l’arène pour avoir succédé deux défaites devant Eumeu Sène Jr et Soundiata, le 24 décembre, Grand Mbagnick dit Calme Ndour veut revenir dans l’arène le plus rapidement possible. Invité du neuvième numéro de « Ramadan des arènes », le sociétaire de l’écurie Boy Niang et natif de Mar Fafaco (îles du Saloum) révèle son vécu durant ce mois béni. Le lutteur en a profité pour lancer ses défis.
Comment passez-vous votre journée de jeûne ?
« Durant le ramadan, je m’entraîne la nuit. Ainsi, je me lève un peu tard. Après, je rejoins mes amis pour la préparation du café que l’on offre aux passants à l’heure de la rupture. C’est comme ça que je passe mes journées durant le ramadan. »
Est-il dur d’allier le jeûne et le travail ?
« Je dirais que c’est facile vu que je ne fonctionne pratiquement pas le jour. Je dors presque toute la journée. C’est à 17h que je me lève pour démarrer mes activités avec les copains. »
Quel est le moment le plus dur de la journée ?
« Le moment le plus difficile de la journée pour moi, c’est à partir de 16h. C’est en ce moment que je sens vraiment la dureté du ramadan. »
Quels bienfaits du ramadan connaissez-vous ?
« Les bienfaits du ramadan sont nombreux. Le jeûne permet d’avoir une bonne santé. Le ramadan pousse également les gens à faire une rétrospection vers la religion. Les gens revoient leur attitude. Les filles s’habillent plus décemment. Les garçons font de la solidarité en offrant des mets aux passagers à l’heure de la rupture. Tout ceci peut être considéré comme des bienfaits occasionnés par le ramadan. »
Depuis quand commencez-vous à jeûner ?
« J’ai attendu de devenir grand pour démarrer le jeûne. Il n’y a pas longtemps lorsque j’ai jeûné pour la première fois. Si je me rappelle bien, c’est en 2020 que j’ai commencé à jeûner
Une anecdote que vous ne parvenez pas à oublier ?
« Je n’ai pas connu le worou galé, car je ne jeûnais pas. Ce que je me rappelle, c’est que ma mère nous préparait des plats que nous prenions entre 12h et 13h. Je me rappelle ma mère me permettait à manger tout en me permettant de faire le malin devant les autres en montrant que j’avais jeûné. »
Comment trouvez-vous le comportement des Sénégalais durant le ramadan ?
« Je n’apprécie pas le comportement des Sénégalais durant le ramadan. Car j’estime qu’ils ne croient pas en ce qu’ils font. À la fin du mois, ils reviennent à leur fondamentaux, ce qui est regrettable. Je dénonce ce qui se passe dans les réseaux sociaux durant ce mois béni. »
Quelle est votre préférence : lire ou écouter le coran ?
« Je suis un disciple de Cheikh Sadbou. J’ai grandi avec les zikre, J’écoute beaucoup le coran. J’aime écouter le coran surtout durant ce mois béni du ramadan. »
Parlons de l’arène. Quel est votre cri de cœur pour elle ?
« Ce que je regrette dans l’arène, c’est l’attitude de mes collègues lutteurs qui s’évitent mutuellement. Il y a aussi des promoteurs qui boycottent certains lutteurs. C’est quelque chose à dénoncer. Un promoteur te promet un combat en te confiant qu’il est en train de te chercher un adversaire alors que ce n’est pas vrai. Nous sommes de jeunes lutteurs et la lutte est notre métier. »
Êtes-vous satisfait ou pas de l’évolution de la lutte ?
« D’une façon, je suis satisfait. De l’autre côté, je reste sur ma faim. Je suis satisfait parce que la lutte a connu une grande évolution. Par contre, je suis réticent parce que les promoteurs ne produisent que les mêmes têtes. Ils montent les combats des mêmes lutteurs. Il y a même des promoteurs de quartier. C’est-à-dire un promoteur qui ne prend que les lutteurs de son quartier. C’est une chose à bannir. Certains lutteurs encaissent plusieurs cachets alors que d’autres n’en ont pas. »
La guerre des promoteurs est-elle une bonne chose pour la lutte?
« La guerre des promoteurs est mauvaise pour la lutte. Elle amène de la haine, une concurrence malsaine. Les promoteurs doivent se réunir dans une seule association. Ainsi, ils auront plus de force. C’est mieux de se séparer en plusieurs factions. »

