Président de la commission d’organisation de la fédération sénégalaise de lutte (FSL), Cheikh Sarr est reçu à ce septième numéro de Ramadan des arènes. Originaire de Dahra Djolof, le fonctionnaire en retraite nous dévoile ses activités durant le ramadan. Il jongle entre le boulot et la maison pour couper le jeûne en famille. Cheikh Sarr salue et encourage les actes de bienfaisance durant ce mois béni et donne en exemple les Saoudiens durant ce mois de promotion. L’ancien président du bureau des amateurs se rappelle aussi de la période où les autorités préfectorales ou gouvernementales signaient des arrêtés pour interdire toute manifestation ludique durant le ramadan. 

Comment passez-vous votre journée durant le ramadan ?

Le jeûne ne m’empêche pas d’aller faire mes occupations. Le matin, je sors régler mes affaires. Mais je fais tout pour pouvoir revenir à la maison vers 17h. Une fois à la maison, je suis avec la famille et c’est ainsi que j’attends tranquillement la rupture.

Est-il dur d’allier le travail et le jeûne ?

C’est devenu une habitude, c’est pourquoi ce n’est plus un problème. Depuis très jeune, j’allie le travail et le jeûne. Et ça devient même un plaisir de travailler durant le ramadan. À un moment donné, tu oublies même que tu as jeûné.

Quel est le moment le plus difficile de la journée pour vous ?

Le moment le plus difficile de la journée, c’est entre 16h-17h. À cette période, les nerfs sont tendus. L’envie de boire du thé, du café, tous ceux-là arrivent à cet instant. Ce qui rend difficiles ces moments à mon niveau.

Pouvez-vous nous citer quelques bienfaits du ramadan ?

Durant le mois de ramadan, c’est Dieu en personne qui se charge de la rétribution des bonnes actions. Le ramadan est très symbolique. Tu allais t’en rendre compte si tu étais à la Mecque. J’y suis rendu à 14 reprises parce que j’étais le chargé de la commission hébergement du pèlerinage de 2005 à 2022. À la Mecque, à l’heure de la rupture, tu n’achètes pas à manger, tu n’achètes pas à boire. Les Saoudiens t’offrent tout durant le ramadan parce qu’ils savent la portée de l’acte.

Depuis quel moment avez-vous commencé à jeûner ?

J’ai commencé à jeûner lorsque j’étais tout jeune. Je devais faire la classe de CE1, CE2 à l’époque.

Avez-vous vécu le woru gaalé ?

Non, je n’ai pas connu le woru gaalé. Mais c’est une expérience que les jeunes vivent. C’est une étape d’apprentissage. J’entends mes petits-enfants dire que tel ou tel à couper son jeûne depuis 18h. Et c’est compréhensible. Ce sont des enfants qui sont en période d’apprentissage. Avec l’âge, ils vont comprendre.

Durant le ramadan, dans les rues, les gens offrent des mets, cafés, pains aux passants à l’heure de la coupure. Comment appréciez-vous ce geste ?

C’est une très bonne chose. C’est la même situation à la Mecque. C’est une pratique qui date de longtemps. Je t’ai dit qu’à la Mecque, tu peux ne pas avoir d’argent sur toi, mais tu manges à volonté. Parce que les gens servent gratuitement à manger. Tout ceci pour profiter de ce mois béni, un mois de promotion. Le fait de donner à quelqu’un de quoi couper son jeûne renferme des bienfaits inestimables. À la Mecque, les gens n’hésitent pas à te donner de l’argent pour que tu acceptes de manger leur plat, datte ou autre.

Toujours durant le ramadan, les mosquées sont envahies durant les premiers jours, les filles changent d’accoutrement. Quel regard portez-vous sur ces phénomènes ?

C’est un constat général. Au début du ramadan, les mosquées sont remplies. Mais plus les jours passent, plus l’affluence diminue. Il faut juste encourager les jeunes à continuer à aller prier dans les mosquées et y rester durant tout le mois. Mais il faut aussi les encourager à jeûner. Parce que c’est important. Le jeûne procure la santé, entre autres bienfaits.

Durant le ramadan, toutes les activités de la lutte sont arrêtées. À défaut d’aller à l’arène nationale suivre les combats, sur quoi vous concentrez vos occupations ?

Depuis toujours, durant le ramadan, toutes les activités ludiques sont gelées. Il fut un temps, c’était le préfet ou le gouverneur qui prenait un arrêté pour interdire toutes formes d’activités liées au divertissement durant ce mois béni. Mais pour revenir à votre question, je regarde les émissions sur YouTube la plupart du temps.

Source: RECORD

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