Pressenti pour présider, le prochain district de lutte de Guédiawaye, Mouhamed Chérif Diallo est le président de l’écurie de lutte Walfadjri. Invité du sixième numéro de la rubrique Ramadan des arènes de RECORD, il dévoile son expérience avec le mois béni.

Comment passez-vous votre journée durant le ramadan ?

Après la prière du fadjr, je pars au travail. À la descente, je retrouve mes amis pour passer du temps avec eux. Après, je lis aussi le coran à la hauteur de mes capacités. Après la rupture, j’attends environ une heure avant d’aller faire du sport. Voilà comment je passe mes journées durant le ramadan.

Est-il dur d’allier le travail et le jeûne ?

C’est à la fois facile et difficile. C’est difficile parce que toute activité nécessitant la dépense d’énergie est dure. À force de dépenser de l’énergie, la soif et la faim se manifestent. Mais c’est facile, parce que nous en avons l’habitude. En plus, on est conscient que le jeûne est une bénédiction. Tous ceux-là rendent faciles les choses. 

Quel est le moment le plus difficile de la journée pour vous ?

Le moment le plus difficile, c’est l’heure à laquelle j’avais l’habitude de prendre mon café. Pendant 11 mois, l’organisme avait l’habitude de suivre un régime alimentaire bien déterminé. Le fait d’arrêter brusquement ce régime cause normalement des complications. Le café est excitant. J’avais l’habitude de le prendre vers 11h. C’est pourquoi, en cette période, je souffre un peu.

Pouvez-vous nous citer quelques bienfaits du ramadan ?

Les bienfaits sont inestimables. Le fait de partager, la solidarité entre les gens, tous ceux-là sont des bienfaits du ramadan. Le fait même de couper le jeune en famille participe aux bienfaits. L’entraide, aider les nécessiteux sont aussi recommandés, tout acte de bienfaisance occasionne une rétribution divine immense.

Depuis quel moment avez-vous commencé à jeûner ?

Si je me rappelle bien, j’ai démarré à jeûner avant mes 10 ans. Mais à cette période, mon père, qui était un policier, ne supportait pas de nous voir faiblir. C’est pourquoi, il nous encourageait à manger et à boire à certaines heures. Il nous faisait croire qu’il y avait deux dieux : un pour les grands, un autre pour les petits. Ainsi, le dieu des petits permettait aux enfants de manger et de boire à midi pour après continuer. C’est en grandissant que j’ai compris qu’il faisait cela pour protéger ses enfants de la faim. Malgré cela, à l’heure de la rupture, il nous offrait un plateau très fourni. Et c’est cela qui nous poussait à jeûner en réalité.

Avez-vous vécu le woru gaalé ?

Bon, je peux dire que la majeure partie des enfants ont vécu cela. Je me rappelle, pour la première fois, j’imitais mon grand-frère qui avait jeûné. Mais vers 12h, j’allais dans la chambre de ma grand-mère manger quelques dattes. Ma grand-mère était ma complice parce qu’elle ne disait rien. J’ai arrêté cela avec les années.

Durant le ramadan, dans les rues, les gens offrent des mets, cafés, pains aux passants à l’heure de la coupure. Comment appréciez-vous ce geste ?

C’est un geste humanitaire. Quoi que l’on puisse dire, le Sénégal est un pays ou l’aspect social prend une place importance. Tu ne vois nulle part ailleurs, l’importance que les Sénégalais donnent à l’entraide. Ce sont des actes à saluer. Parce qu’ils viennent en aide aux gens, dont l’heure de la rupture à trouver dehors. Même en dehors du ramadan, il est bon de donner à manger et à boire aux gens. C’est une recommandation divine.

Toujours durant le ramadan, les mosquées sont envahies durant les premiers jours, les filles changent d’accoutrement. Quel regard portez-vous sur ces phénomènes ?

C’est un phénomène. Nous l’avons trouvé sur place. Durant le ramadan, tout le monde essaie de corriger ses faits et gestes. Mais il serait mieux de le continuer à la fin du ramadan.

Source: RECORD

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