C’est une bibliothèque de la lutte sénégalaise qui vient de s’écrouler. En effet, l’ancien directeur technique national, Abdou Badji s’est éteint, ce lundi, à Thionk-Essyl alors qu’il s’y était rendu pour fêter le retour de la Mecque de son épouse.

Grosse perte pour la lutte. L’arène vient de perdre Abdou Badji. L’ancien directeur technique national du CNG, est décédé ce lundi 6 juillet 2026 dans son village à Thionk-Essyl. Grande figure de la lutte, Abdou Badji a accompagné les grandes réformes de la lutte. Ancien professeur à l’Institut national supérieur de l’éducation populaire et du sport (INSEPS), grand spécialiste de la lutte traditionnelle, de la lutte olympique, de la gréco-romaine, de la lutte libre, et de la lutte africaine, Abdou Badji a formé plusieurs générations d’enseignants d’EPS, d’entraîneurs et de cadres sportifs. Grand formateur, il a également participé à la formation de nombreux entraîneurs et techniciens qui occupent aujourd’hui des postes importants dans le sport sénégalais d’une manière générale, et la lutte en particulier. Dans son costume de DTN, il a conduit la politique technique de la lutte entre 1990 et 2020.  Il a aussi travaillé à la détection des jeunes talents, à la préparation des équipes nationales de lutte olympique et de lutte africaine, à la formation des entraîneurs et arbitres, ainsi qu’au développement de la lutte traditionnelle sur le plan technique, entre autres réussites. 

Son expertise reconnue hors des frontières

Abdou Badji n’était pas simplement un expert pour le Sénégal, il a été, le plus souvent, sollicité hors de nos frontières. Sa réputation avait dépassé le territoire national. Il était régulièrement consulté sur les questions relatives au développement de la lutte africaine et participait aux réflexions menées au niveau continental. L’homme a toujours plaidé pour l’investissement dans la lutte olympique, une meilleure rémunération des entraîneurs, la modernisation des infrastructures et une meilleure coopération entre les pays africains pour développer la discipline.

Défenseur de la lutte africaine

En 2020, dans un long entretien, Abdou Badji regrettait le manque d’intérêt accordé à la lutte africaine par certaines instances continentales. Il estimait que cette discipline constituait un véritable patrimoine culturel africain qu’il fallait mieux promouvoir. Il rappelait également le rôle majeur joué par le Sénégal dans son développement et dans l’organisation de compétitions internationales. C’est ce grand homme que la lutte vient de perdre.

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