L’ancien directeur technique national (DTN) de la lutte sénégalaise, Abdou Badji, s’est éteint le lundi 6 juillet 2026 dans son village natal de Thionk-Essyl. Une disparition qui plonge le monde de la lutte dans une profonde tristesse, notamment Lansana Coly, ancien sélectionneur de l’équipe nationale olympique, qui a côtoyé le défunt durant plusieurs décennies au sein du CNG.
Dans un entretien accordé au journal Record, le technicien est revenu, avec beaucoup d’émotion, sur le parcours de celui qu’il considère comme son mentor, avant de raconter les derniers jours de sa vie. « Il me sera difficile de faire un témoignage complet, tellement j’ai de choses à dire sur Abdou Badji. C’est lui qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Il m’a trouvé à la Fédération sénégalaise de lutte. À l’époque, Cheikh Ndour était directeur technique national. Lorsque ce dernier est parti au Canada, vers les années 1988-1990, Abdou Badji lui a succédé. C’était un homme franc, rigoureux et d’un sérieux exemplaire, mais aussi d’une immense gentillesse. Il a occupé le poste de DTN de 1990 à 2022, année de sa démission. Il m’a beaucoup appris. J’étais quelqu’un de très impulsif, je me mettais facilement en colère. Il m’a guidé, corrigé et façonné jusqu’à faire de moi l’homme que je suis devenu. Si la lutte olympique sénégalaise a remporté autant de médailles, c’est en grande partie grâce à sa vision et à son tempérament. Avant de se consacrer à la lutte, il était un technicien du judo. D’ailleurs, les responsables de cette discipline souhaitaient le conserver, mais il a choisi la lutte. Abdou Badji était aussi un grand frère. Nous étions voisins. Je suis originaire de Kindianky, à une quinzaine de kilomètres de Thionk-Essyl. Il m’avait appelé quatre jours avant son décès pour m’annoncer qu’il allait venir à Thionk-Essyl à l’occasion de l’accueil de son épouse, de retour du pèlerinage à La Mecque. Il vivait à Thiès avec sa femme, mais la cérémonie devait se dérouler au village. Il hésitait à effectuer le déplacement parce qu’il ne se sentait pas très bien. Ce sont finalement ses enfants qui l’ont convaincu de venir. À son arrivée à Thionk-Essyl, il m’a appelé pour me prévenir. Son épouse est arrivée le vendredi et la cérémonie a eu lieu le samedi. Le dimanche, il a commencé à ressentir un gonflement des pieds. On m’a également rapporté qu’il vomissait. Puis, dans la matinée du lundi 6 juillet, il a rendu l’âme. Pourtant, il ne semblait pas souffrir d’une maladie grave. C’est une immense perte pour le Sénégal et pour la lutte. Un grand homme est parti », a réagi Lansana Coly.

