Le meilleur chroniqueur de la saison sera connu le 19 septembre prochain à l’hôtel Noom, à l’occasion des Lutte TV Awards. L’événement qu’Ibrahima Faye dit Beuz a créé pour primer le meilleur lutteur avec frappe, le meilleur lutteur sans frappe, le meilleur espoir, le meilleur promoteur, le meilleur chroniqueur et le prix du fair-play. Dans la catégorie des meilleurs chroniqueurs, la liste a été réduite de 10 à 5 nominés. Parmi eux figurent Abo Fiw, Fadam 2, Modou Anta, Assane Cissé et Ndiaga Star.
RECORD a décidé de vous présenter les 5 nominés de la 3ème édition des Lutte TV Awards. Nous allons revenir sur leur parcours et leur histoire. Nous allons vous donner les étapes importantes de la vie de chacun d’entre eux. Pour démarrer cet exercice, nous recevons en premier Ndiaga Star. Natif de Guédiawaye, âgé de 37 ans, chauffeur de profession et ancien lutteur avant de devenir chroniqueur, Ndiaga Thiam, de son vrai nom, nous raconte son combat capoté contre Boucher Ketchup, comment le virus de la lutte l’a piqué, ses beaux moments dans les mbappat de quartier, mais également son rêve dans sa carrière de chroniqueur de lutte.
« Ma mère a écourté ma carrière de lutteur »
Aujourd’hui, les jeunes lutteurs comme Boy Diop 2, Liss Ndiago, Ada Fass prennent les pouvoirs en drainant un monde fou à l’occasion de leur combat. Ndiaga Star aurait pu être parmi eux. Car il avait cette popularité lors de ses débuts dans les mbappat. Né en 1989 à Guédiawaye, un quartier ou la lutte est devenue un opium, le jeune Ndiaga Thiam grandit aux côtés des grands champions de son fief. D’un père sportif, héritant d’un nom d’un ancien lutteur qu’il n’a, malheureusement, pas connu parce que décédé, bien avant que l’enfant n’atteigne l’âge de se souvenir de quoi que ce soit, Ndiaga suit son papa à la plage. À la rencontre sur place de gens bien musclés, le gamin développement le désire des entraînements. Quelque temps après, grâce à sa régularité, il voit ses muscles prendre de l’importance. Ce constat d’homme fort fait sur sa personne le pousse à vouloir devenir lutteur. Il change de nom, plus de Ndiaga Thiam, mais plutôt Baye Fall avec la volonté de devenir un jour une star de la lutte. Les choses lui réussissent. Il écume les mbappat et se fait rapidement un nom dans le quartier. Grâce à sa popularité, Ndiaga Star peine à terminer ses tournois de lutte simple. Ses supporters créent la zizanie lors des mbappat, le nom de Ndiaga est cité dans les problèmes continuellement, à telle point que sa mère l’oblige à quitter Guédiawaye pour trouver sa famille installée entre-temps à Keur Massar. C’est ainsi que la carrière du jeune lutteur a pris fin. « À l’époque, j’étais célèbre. Mon nom était cité par-ci, par-là. Ayant peur que je dévoie, ma mère m’a exigé de rejoindre Keur Massar, auprès de mon père. Ma mère a ainsi écourté ma carrière », se rappelle Ndiga Star.
« Bouché Ketchup a fui notre combat »
Piqué par le virus des chroniques, Ndiaga Star range son permis de conduire, pour se concentrer dans sa nouvelle reconversion. Mais avant d’en arriver là. Il a disputé quelques combats de lutte sans frappe. De la génération de Mbaye Tine 2, Bébé Gouye Gui et Boucher Ketchup, Ndiaga aurait pu affronter le showman de l’arène. « Mon combat contre Boucher Ketchup a été ficelé. C’était un combat nommé à Guédiawaye. Tout était en train de se passer normalement. Mais un jour, on m’apprend que Boucher avait remis l’avance au promoteur à ma grande surprise. Je peux dire qu’il a fui. C’est ce qui a fait capoter notre combat. À l’époque, mon nom de lutteur était Baye Fall et j’étais pensionnaire l’écurie Euleuk Si Biir », raconte notre invité.
« Je n’en doute pas, je suis le meilleur chroniqueur »
Les rêves de devenir une star du pugilat brisés, Ndiaga ne désenchante pas. Il s’oriente vers les chroniques pour se faire un nom dans l’arène. Les débuts étaient difficiles. Malgré sa connaissance de la discipline, l’homme n’est pas connu du grand public. Il n’est pas invité dans les grands plateaux de télé. Mais cela forge la personne et la pousse à travailler davantage. Il aille même jusqu’à créer son propre trophée de meilleur chroniqueur de Keur Massar parce que n’étant pas été retenu sur la liste de la précédente édition des Lutte TV Awards. La saison s’ouvre, Ndiaga gagne en autorité. Il est souvent invité par les grandes chaînes YouTube. De fil en aiguille, il rejoint la radio Walf FM comme chroniqueur au côté de son idole, dans le milieu, Pape Alioune Mbaye. Ce dernier apprécie les analyses de l’homme et sollicite sa présence à la télé. Ainsi, Ndiaga Star est devenu un élément important de l’émission Lamb Ji qui est diffusée sur la chaîne tous les dimanches soir. Ces performances retiennent l’attention des amateurs. Cette satisfaction du public envers Ndiaga Star est nettement visible lors des votes des Lutte TV Awards. Ndiaga figure d’abord sur la liste des 10 nominés. Cette liste réduite à 5, Ndiaga est encore présent. Ce qui n’est pas une grande surprise pour lui. « Lorsque j’ai vu mon nom sur les 5 nominés, j’étais vraiment content. Je me suis dit que les choses étaient démocratisées et qu’il y avait plus de partie prise. Je n’ai pas du tout été surpris. Parce que j’étais conscient que je suis le meilleur dans mon domaine », a-t-il réagi.
« Cette saison, je n’ai pas fermé les yeux, uniquement pour… »
Cette place dans les 5 nominés est le résultat d’un travail de longue haleine. Ndiaga a dû passer des nuits blanches pour pouvoir décortiquer les combats. « Cette saison, je n’ai presque pas fermé l’œil, uniquement pour suivre les combats, afin de donner le meilleur de moi-même lors de mes analyses. Quand je suis invité sur un plateau, j’y allais avec mes propres moyens. Donc, cette distinction vient récompenser tous mes efforts », a fait savoir l’enfant de Keur Massar.
« Mes regrets dans l’arène »
Ndiaga Star prend de plus en plus de l’importance dans l’arène. Mais le chemin a été long avant d’en arriver à ce stade. L’ancien lutteur a connu des regrets causés le plus souvent par les lutteurs, mais également les promoteurs. « Si j’avais des regrets, ce serait le comportement de certains lutteurs vis-à-vis de nous. Nous les accompagnons, nous faisons leur promotion, mais ils peinent à nous accorder des interviews qu’ils, malheureusement, accordent facilement aux filles. Nous peinons aussi à avoir des accréditations lors de certains combats. Ce que je trouve anormalement. Mais tout cela te motive à travailler davantage », a reconnu la « star » de Keur Masseur.
« Le fait de voir les gens me témoigner leur amour dans la rue me procure beaucoup de satisfactions »
Tout malheur précède le bonheur, a-t-on l’habitude de dire. Ndiaga Star connaît aussi des moments de satisfactions dans l’arène. Surtout quand il est reconnu dans les rues ou même lorsqu’il reçoit des témoignages venant de ses fans. « Ma plus grande satisfaction, c’est de voir les gens m’interpeller dans les rues pour me témoigner leur amour. Je constate aussi que mon audience auprès du public grandit de plus en plus. Les gens me reconnaissent dans la rue et n’hésitent pas à m’interpeller pour témoigner leur amour, cela me procure un bonheur immense », reconnaît Ndiaga Thiam.
« Je rêve de voyager grâce à la lutte »
Se sentant différent des autres chroniqueurs, Ndiaga Star se démarque grâce à la profondeur des mots en wolof qu’il utilise. « Mes points forts, c’est que je mets l’accent sur l’aspect culturel de la lutte. Je maîtrise aussi ce sport. Je connais les mots en wolof des différentes prises ou actions que l’on peut trouver dans la lutte », reconnaît-il. Rêvant de soulever le trophée de meilleur chroniqueur de la saison durant la soirée du 19 septembre à l’hôtel Noom, Ndiaga Star rêve bien plus cela dans l’arène. « Mon rêve dans l’arène, c’est de réussir ma vie grâce à ce sport. À cause de la lutte, je n’arrive plus à exercer mon métier. Donc, j’attends que la lutte m’offre tout ce que mon métier pouvait m’offrir. Je compte entretenir ma famille grâce à la lutte. Je rêve de voyager grâce à la lutte », a terminé notre invité.
Source : RECORD

